Mile End of the Time

Je dois faire une confession: bien que je fasse de l’accès aux arts et la culture – ça va sembler prétentieux dit comme cela, mais allons-y – mon cheval de bataille et par conséquent, ne rate pas une occasion de faire la promotion des évènements qui agissent en ce sens, (trop) occasionnelles sont les fois où j’y participe. Pour toutes sortes de raisons, parfois discutables: ménage, magasinage, activités physiques, trop grande sociabilité (ça, c’est mon plus beau problème)… et le temps d’un weekend.
Quoi qu’il en soit, je n’ai que rarement le temps de mes ambitions, surtout et malheureusement en ce qui a trait à mes activités culturelles. Toujours l’impression de ne pas en voir assez et de peut-être manquer quelque chose. D’ailleurs, l’offre culturelle, notamment à Montréal, est excessivement généreuse. Imaginez; je travaille dans le culturel et je n’ai pas assez de mes quatre yeux & oreilles pour me rassasier l’esprit! Il faut tout de même prendre le temps de digérer! Une offre trop abondante qui, selon moi, doit en décourager plus d’un lorsque vient le temps de disons, choisir un livre, découvrir un artiste de la scène locale, aller au théâtre. Le journaliste Steve Proulx explique parfaitement a situation dans l’une de ses chroniques.

Bon, ceci étant dit, les ateliers portes ouvertes du Mile End (A.P.O). Voyez, ça je ne pouvais pas manquer.

Une brillante initiative qui en est déjà à sa 3e édition. L’idée étant de rapprocher les artistes du Centre Clark avec les citoyens, puisqu’ils sont nombreux à bosser dans ce quartier. Apparemment, le Mile-End est le quartier qui connaît la plus forte concentration d’artistes au Canada. Indeed. C’est donc la moindre des choses que de faire leur connaissance.

Je suis donc allée à la rencontre de ces artistes cet après-midi, en compagnie de deux amis. La première impression que j’ai eu en entrant dans le 5455 Gaspé était, étrangement, liée à de la timidité. Pourquoi? Bien parce qu’on entre directement dans la bulle des artistes, dans leur intimité, dans des endroits où normalement ils ne reçoivent personne alors ils peuvent bien laisser traîner quelques bouteilles de bières et mégots de cigarettes…
Mais la timidité laisse vite place à la curiosité, devant le nombre impressionnants des ateliers (au moins une trentaine d’artistes participants juste au 5455) à visiter. Curiosité qui s’accroît au fil des rencontres avec les artistes, généralement accueillants, et leur travail, à la fois surprenant, ambitieux, parfois décevant, mais unique, d’un mur à l’autre.

Up with APO

Autre constat (une remarque qui vient d’abord de Marcel): rares sont les projets actuels qui font dans la « joie de vivre». La plupart des oeuvres semblent en effet réfléter ce qui devait nous arriver hier: la fin du monde… Si l’art est le reflet de notre société, force est de constater qu’elle a mal, très mal.

Coups de coeur?

Bien aimé le travail du photographe Sébastien Lapointe. Surtout ses photographies de pochettes de vinyles, que j’avais déjà vues au Bily Kun (accrochées au dessus des divans).

Mon autre coup de coeur va à tous les artistes qui ont pris la peine d’endimancher leur travail pour nous, qui ont affiché un sourire et pris le temps de répondre aux interrogations des visiteurs. Je suis persuadé que la plupart des gens ont été surpris de constater qu’autant d’artistes travaillaient au même endroit (comme dans une tour à bureau), en même temps, seuls, dans de petites bulles que sont leurs ateliers tout plein d’instruments, de couleurs, de toiles et de matériaux plastiques.

Bref, des gens franchement inspirants, dans un quartier près de chez-vous.

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Musée pour emporter (2)

Tiens, c’est officiel, on ne peut plus photographier au Musée d’Orsay en France.

Depuis juin 2010, la prise de photos par les visiteurs est interdite dans les salles du musée afin de « préserver le confort de visite et la sécurité des oeuvres comme des personnes ».

Une mesure qui vient de recevoir la bénédiction du ministre de la Culture et commence à faire jaser en France.

La Fédération Française des Sociétés d’Amis de Musées s’est aussi exprimée sur cette décision et demande fermement l’abandon de ces interdictions, au nom de la démocratisation culturelle.

Elle présente 4 arguments:

  • l’appropriation de l’œuvre par la photo permet la démocratisation de l’art;
  • l’absence de flash n’altère pas la qualité de l’œuvre;
  • la photo est éducative et permet au visiteur de capturer un souvenir;
  • Le quatrième argument est juridique : « on ne peut interdire au citoyen de photographier des œuvres appartenant à la domanialité publique pour un usage privé ».

Il va sans dire que je vais suivre de près l’évolution de ce débat culturel!

En attendant, quelques liens pour en savoir davantage:

Musée, interdit de photographier? ( Le Point, 22 avril 2011)http://www.lepoint.fr/culture/musees-interdit-de-photographier-22-04-2011-1322535_3.php

Le Louvre pour tous, 22 avril 2011:

http://www.louvrepourtous.fr/La-Federation-des-Amis-de-musees,662.html

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Le Musée pour emporter

Devrait-on permettre de photographier au musée?
 
 (La Nuit étoilée, 1889, huile sur toile, 73 cm par 92 cm, New York, Museum of Modern Art. Photo que j’ai prise lors de ma dernière visite à New York!)
 
 
Actuellement, au Canada,  il n’est possible de photographier que les oeuvres dont le «copyright» est expiré, qui la plupart du temps se retrouvent dans les expositions permanentes. Exception faite du Musée National des Beaux-Arts du Québec, où la photographie est complètement interdite. J’ignore pourquoi, puisqu’elle est admise au MBAM et au MBAC.
 
Puisque nous sommes dans les interdictions, je dois par ailleurs souligner qu’il est absolument défendu de photographier les oeuvres des expositions temporaires et ce, même si leur copyright est expiré depuis longtemps. C’est notamment le cas de L’Empereur de Chine et son armée de terre cuite.
 
(Anna Zborowska par Amedeo Modigliani (1917)).
 
 
Je ne crois pas que le fait de pouvoir photographier ou non les toiles d’un musée fasse un jour l’objet d’un débat au Québec. Si c’est permis, tant mieux, sinon, tant pis.
En France, où la culture muséale est, disons…  existante, on se questionne sur la pertinence de laisser les visiteurs photographier ces hauts lieux de culture. Il y a ceux et celles qui sont «pour», car ils croient que c’est tout à fait dans l’esprit du «2.0». Les défenseurs de la «pixelisation» des musées supposent que le visiteur, qui prend le temps d’immortaliser sa visite au musée avec son iPhone, participe à la culture en se l’appropriant personnellement, avec ses propres moyens. De surcroît, le visiteur, désormais acteur, poursuit l’opération culturelle en partageant sa «collection» de photos sur son blogue et/ou page FB.  Cela pourrait influencer ses proches, peut-être même les convaincre d’aller faire un tour au musée…
Cette action serait donc bonne pour nos institutions, car  elle encourage le public à interagir avec leurs collections… et donc d’y venir!
L’ appropriation.  La condition sine qua non de la participation à une culture.
 
 
 
Et il y a les casse-couilles, ceux qui sont «contre» car ils affirment que les visiteurs, désormais «conservateur et collectionneur», ne prennent plus le temps de regarder l’oeuvre qui s’offre à eux. D’abord, leur regard se posent plus souvent sur le «Apple» que sur un tableau. Il ne regarde plus l’art et passe à côté de l’essentiel: l’émotion.
 
« Car regarder un tableau, apprécier une sculpture, demande parfois du temps. Les expositions, les musées, permettent cette curieuse cérémonie du regard qui prend son temps, hésite, revient, se pose, savoure. Avec un viseur, on clique et on passe à autre chose…» Musées: plaidoyer pour le no photo, Slate.fr
 
Il est vrai que je me suis plus souvent prise au jeu. Il m’arrive, en effet, de mettre plus de temps à prendre de bonnes photos des oeuvres que de les regarder pour vrai, d’apprécier et comprendre leur rythme, leur texture, leur histoire.
Tout cela est bien vrai.
 
Or, on doit tout de même admettre qu’une lors d’une telle visite, où l’on s’attarde singulièrement aux oeuvres, peut-être exigeante pour une personne dépourvue de patience (moi)! Pourtant, je passerais ma vie au musée! Non, le problème, c’est la concentration et le public sur place. La première se perd dans l’autre. Et on se fatigue. Surtout au MoMa.
 
C’est alors qu’on se dit «tiens, je vais prendre celle-là en photo, puis celle-là, celui-là aussi…».
 
Voici un extrait du blogue L\’Atelier des icônes qui, je crois, résume mon propos à merveille:
 
«L’acte photographique, quoique rapide, n’en est pas moins réfléchi. Devant une œuvre célèbre, il faut entre une et deux secondes à un visiteur pour élever l’appareil à hauteur d’oeil. Cela pour au moins trois raisons. La première, c’est que le regard marche vite et bien. Le spectateur n’a besoin que d’une seconde environ pour identifier ce qu’il voit. L’instant d’après est celui de l’acte photographique, qui intervient de façon parfaitement synchronisée, comme un prolongement et une confirmation du regard. Oui, ce que je vois est suffisamment important pour mobiliser l’opération photographique. Oui, je veux conserver le souvenir et prolonger le plaisir de cet évenement scopique.»
 
 
(The Palace of Curtains, III, René Magritte, 1928)
 
 

 

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Godin: une histoire d’amour

Quelle belle semaine! C’est le printemps, le soleil se fait de plus en plus présent, les oiseaux sont de retour… et je suis en vacances.

Mais qu’est-ce que ça passe vite une semaine.

Je n’ai pas vu le temps passer, d’abord parce que j’ai passé le weekend dernier à New York – j’y reviendrai avec des photos dans un prochain billet (car vous savez combien j’aime NYC; j’entends le nom de cette ville et je m’emballe comme une fillette de 10 ans en ligne pour un autographe d’India Desjardins au Salon du livre).

Une semaine de vacances, ça passe vite quand on se fait un gros programme de sorties culturelles, impossible à faire en un weekend. Comme aller au cinoche en plein après-midi.

Je suis allée voir ce qui est, selon moi, l’une des plus belles histoires d’amour portées au grand écran depuis longtemps: Godin, le magnifique documentaire de Simon Beaulieu.

Le film est présentement à l’affiche au Cinéma Beaubien et au Clap à Québec.

Comme Simon, qui a à peu près le même âge que moi, je connaissais peu de chose sur cet homme, sauf qu’il était l’amoureux de Pauline Julien, l’homme de sa vie. C’est que j’avais lu quelques extraits de La renarde et le mal peigné, un volume qui réunit une centaine de lettres d’amour échangées par Julien et Godin entre 1962 et 1993 ( Leméac, 2009).

Le film retrace les grandes lignes de l’histoire politique unique de Gérald Godin, qui est d’abord et avant tout une histoire d’amour avec la patrie québécoise, ses gens, sa langue, ses arts, ses femmes, sa Pauline – la femme parfaite – qui militera à ses côtés tout au long de sa vie.

On le nommait le député poète de Mercier. Un politicien un peu bohème, qui se balladait toujours à vélo, même à la fin de sa vie alors qu’il était très malade. Un adepte du transport actif avant l’heure.

Gérald Godin aimait profondément ses compatriotes, de toutes origines, sans exceptions. Il fut d’ailleurs le premier député au sein du Parti Québécois à envisager l’inclusion des communautés culturelles au projet d’indépendance du Québec.

C’était un grand séducteur et un visionnaire comme il ne s’en fait plus.

Rêveur, mais d’abord attaché au réel. Il est tellement passionné du réel que le réel deviendra son leitmotiv. Comme l’affirme Denys Arcand, «un cinéaste, notamment moi, s’inspire du réel pour faire de son oeuvre une projection de miroir, montrer à la société de quoi elle a l’air. Godin allait dans ce sens, mais plus loin, en espérant changer la société.»

Je suis très heureuse d’avoir fait la connaissance de ce grand héros québécois, dans le dernier cinéma de quartier de Montréal. Un lieu patrimonial, en quelque sorte. Il aurait apprécié l’endroit.

Je crois qu’on devrait tous voir ce film qui fait véritablement oeuvre de mémoire, et qui nous rappelle à quel point il est impératif d’avoir une sphère culturelle solide à laquelle se référer et se mobiliser, afin de rêver de quelque chose de plus grand, en français.

Or pour cela, encore faut-il qu’il y ait des politiciens amoureux et qui n’ont pas peur de s’engager avec la collectivité québécoise, des passionnés, qui voient dans l’avenir quelque chose comme un grand projet. Qui voient l’avenir et nous amènent à y croire.

Parce que demain succèdera à aujourd’hui et l’avenir sera là; on ne sait pas de quelle couleur il sera, mais il sera là.

Rêvons donc.

L’apport de Gérald Godin au patrimoine culturel québécois est indéniable. Grand homme politique, mais surtout grand poète, on (re)découvre quelques uns de ses poèmes dans le film. Ils sont également sur le site Internet du film: http://www.godin-lefilm.com/synopsis/

Mon préféré s’intitule « Cantouque sans recours » – Les Cantouques, Montréal, Éditions Parti Pris, 1966:

Comment pourrais-je coucher avec toi
m’allonger du long de ton flanc doux
t’embrasser les seins te mordiller les tétins
si je n’étais indépendantiste ô mon amour

comment pourrais-je porter mes chnolles
et m’en servir au besoin quand le désir me vient
être un homme et me tenir debout et droit
si je n’étais indépendantiste ô mon amour

comment pourrais-je parler français
comme mes voisins mes pareils
fouler la boue du pays l’appeler mienne
la traîner à mes semelles m’en targuer m’en vanter
m’en mettre plein la vue m’en ennuyer
me sentir chez moi sinon aujourd’hui du moins demain
si je n’étais indépendantiste ô mon amour

comment pourrais-je vivre, oser respirer encore
l’air pollué de mon pays vaincu
l’avenir bouché de mon pays anglichié
supporter la brûlure des Plaines l’incendie des drapeaux
le bris des épées l’exil de trente-sept

comment pourrais-je oser t’aimer te toucher
même lever les yeux vers toi
connaître ne serait-ce que ton nom
si je n’avais à cœur qu’un jour sinon nous du moins nos fils
soient ici chez eux sur la terre que d’aïeul à petit-fils
nous aimons

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Naufragés de la culture

La montée de lait du jour (dixit Patrick Lagacé): la «madamisation» des médias québécois, selon le journaliste Stéphane Baillargeon du Devoir.

Ça a beaucoup fait jaser dans les réseaux sociaux. À l’heure du lunch, avec les collègues, on s’est rapidement emparé du sujet qui est, au fond, un phénomène extrêmement présent; il est vrai qu’il y a trop d’émissions «100% divertissement», axées sur le «lifestyle» et la consommation. Bon nombre de contenus des grands réseaux sont consensuels et cultivent une idéologie axée sur la tendance, la mode, l’apparence, et ose se travestir en culture à l’occasion. On a tous des exemples en tête.

Or, loin de moi l’envie de revenir sur cette petite polémique du monde des médias qui n’a engendré qu’un mot-clé de plus au court de la journée: #TVMatante.

J’aimerais plutôt commenter les Naufragés des villes, cette série documentaire qui fait la lumière sur la pauvreté à Montréal. Vous ne l’avez pas vu?C’est ici: http://www.tou.tv/naufrages-des-villes

Résumé: deux volontaires laissent de côté leurs vies professionnelle et personnelle confortables – Emmanuelle à Moncton et Pierre à Québec – pour vivre une expérience très singulière: se retrouver seuls à Montréal, sans contacts, avec seulement un chèque de BS de 592$ par mois. Très intéressant de les suivre dans cette aventure. Une bonne télé-réalité, quoi!

La semaine dernière, Emmanuelle, qui s’était dénichée un petit boulot, a fait une folie: elle est allée voir un spectacle de Rufus Wainwright. Une vraie folie compte tenu de ses revenus.

Elle est sortie du spectacle en se culpabilisant. Normal. Elle avait cependant le coeur léger, car elle avait «faim» de culture.

On ne réalise pas à quel point la culture est encore perçue comme étant destinée à des classes plus aisées, plus éduqués. Avant, je travaillais dans le milieu communautaire et laissez-moi vous dire que les moins fortunés ont aussi faim de culture; de se faire raconter des histoires, de se retrouver à quelque part de plus beau. Le truc, c’est qu’ils ne le savent pas encore, ou ils croient que ce n’est pas pour eux. Qu’ils ne la méritent pas. Mais dès qu’on leur donne les moyens d’assister à une pièce de théâtre, de chanter, de dessiner, alors là, tout change. Il y a quelque chose à l’intérieur d’eux qui s’éveillent et qui en redemande.

J’ai bossé à l’organisme La rue des femmes. Je donnais un coup de main à l\’art-thérapeute Saundra; nous donnions des cours de dessin et de peinture à des femmes qui en avaient envie. Il y avait aussi des cours de chant et de percussions. Constat:  après quelques cours seulement, ces femmes retrouvaient peu à peu confiance en elles. On voyait parfois apparaître un sourire en coin, devant une simple création. Ensuite, elles avaient envie d’apprendre. Apprendre sur la façon de créer, mais aussi sur la nature de leur art et ensuite, elles souhaitaient fréquenter les musées, les Maisons de la cultures, les galeries, etc.

Maudite soit l’idée que la culture, c’est une affaire de riches et  d’intellectuels. Que la démocratisation culturelle est une pure utopie, qui ne fonctionnera jamais. Il en sera toujours ainsi si on ne change pas nos lunettes, si on ne lui accorde pas la place qui lui revient enfin, en tant que principale conceptrice de notre identité. Un miroir de ce que nous sommes, tous.

On n’a pas à être issu d’une certaine classe sociale pour participer «à la vie culturelle et sociale, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent » – 27e article de la Déclaration des droits de l’homme.

Seulement, de repenser la place que l’on accorde aux arts et à la culture et les moyens de médiation qu’on leur donne.

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Hello New York!

Des petites vacances bien méritées dans ma NYC.

C’est ce que je suis en train de planifier, tranquillement, avec le très pertinent Google qui me lance des millions et des millions de suggestions de blogues à la fois. Bon nombre sont pertinents, imaginatifs, dijonctés… et me donne sincèrement le goût de vivre dans la même ville que leurs auteurs. Me voilà toutefois perdue dans un océan de commentaires personnels, mais inspirants.

C’est que, voyez-vous, je me suis dit qu’il serait plus intéressant de fouiller les blogues new-yorkais afin de savoir ce qui se passe réellement là-bas, culturellement parlant. Prendre le pouls, directement.

 Ce que je cherche? 

Des événements hors circuits touristiques, comme le dernier des restaurants éphémères, les expositions de soir ( où l’on vous sert alcool & jazz) et, bien entendu, les salles de spectacles où l’on risque d’y découvrir des artistes de la scène indie,  jazz, ou électro, ou… opéra! À déterminer.

Si vous pensez vous rendre à New York prochainement et comme moi, aimeriez d’abord prendre le pouls de la ville via les blogues ou autres sites locaux, voici quelques suggestions. Rien pour créer un guide des meilleurs blogues «quoi faire à New York» ( quoi que…), mais quand même, sufisamment pour vous tenir informé de l’essentiel!

On dirait que tout le monde blogue à NYC. In fact, ils sont des millions. Tellement qu’on a créé un site pour tenter de les répertorier, un peu comme le site Tout le monde en blogue.

Il s’agit de nycbloggers. On y trouve 6293 blogues (il en manque quelques uns…), répartis selon les stations du métro de NYC. L’idée est simple: trouver un blogueur près de chez-soi.

Évidemment, on retrouve de tout. Pas idéal si on souhaite s’informer sur la ville. Ceci dit, lorsqu’on a un peu de temps devant soi, je pense qu’il s’agit d’une bonne façon de comprendre l’espèce humaine qui y vit. À titre d’exemple, je suis tombée sur de nombreux blogues qui parlent de la vie après 9/11. D’autres, de la vie de mère monoparentale dans une aussi grosse ville. Touchant et curieusement instructif.

Si on aime les vêtements et bijoux des contrées lointaines, il faut visiter le blogue de la designer Joey Wolffer. Cette fille fait le tour du monde pour ramener des vêtements et bijoux qu’on ne retrouve à nulle part ailleurs. De plus, elle a «pignon sur roue» si je puis dire, car son magasin est un pop-shop, un magasin dans un camion. Elle n’a donc pas d’adresse et se déplace de stationnement en stationnement. J’ai très envie de voir ses dernières trouvailles d’Athènes. On peut la découvrir ici: http://thestyleliner.com/about

Pour connaître les bons «spots» restos, expositions, bars et spectacles, j’ai trouvé ce guide-ci ( qui n’est pas un blogue en tant que tel): http://www.newyorkology.com/index.php

J’ai appris que la semaine du 23 au 3o mars était la Semaine des restaurants belges. Certains restaurants participants feront des menus spéciaux, certains offriront même de la bière «gratis»!

Et en rafale, voici quelques adresses qui m’ont beaucoup aidé à savoir ce qui se passera le weekend prochain à New York, ma ville préférée et chérie de toujours que j’ai très hâte de revoir!

Yeah New York: http://yeahnewyork.com/

 NY Magazine: http://nymag.com/

NYC The Blog: http://www.nyctheblog.blogspot.com/

Vous connaissez peut-être des sites ou blogues de la Grosse Pomme qui parle de sa vie culturelle? Je veux les connaître! Merci.

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Schizo blues

Je vous ai déjà parlé de mon frère.

Vous vous rappelez, il était le sujet de mon premier billet (Maudite Maladie). Vous avez été nombreux à m’en parler, me dire combien il était touchant et que j’aurais dû l’envoyer à La Presse parce qu’il était bien écrit… C’est vrai qu’il était bien écrit. Comme si le fait de parler de la maladie de mon frère rendait ma plume plus habile, plus touchante. Normal. Parce que cette foutue démone de schizo me donne la trouille et que j’ai besoin de faire sortir le «méchant».

Comme un coup de blues, intermittent, mais permanent.

C’est ça, la schizo. Elle en fait voir de toutes les couleurs à mon frère. Ces derniers mois, elle a mis ses «voix» de côté, mais s’en est prise à son humeur. Il est devenu très aigri avec ma mère, la traitait comme l’aurait fait un ado révolté (c’est insupportable un adolescent en crise), puis s’isolait dans son petit salon, que ma mère a aménagé spécialement pour lui.

Depuis, ses journées ressemblent à ceci: réveil; café/cigarette/pepsi; déjeuner; ordinateur/tv/cigarette/ordinateur/tv; souper; tv; dodo. Débile.

N’importe qui, en bonne santé mentale, viendrait fou.

Évidemment, ça ne pouvait pas continuer comme ça. La semaine dernière, il a fait une autre crise, suffisamment grave pour qu’il retourne à l’hôpital et y reste, pour une durée indéterminée.

Depuis 1 an et demi, mon frère expérimente une longue dérive existentielle… Mais qu’est-ce qui peut bien se passer dans ce foutu cerveau, mon frère, pour imaginer toutes ces horreurs? Pour ne plus croire en rien? Pour te laisser glisser physiquement dans ce gouffre imaginaire et artificiel qui, manifestement, t’engourdit de jour en jour et t’éloigne de nous…

Ce soir, je pense à toi.

J’espère que c’est toi qui a choisi le programme à la tv.

Bonne nuit.

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